Nathalie Calvo, Slasheuse assumée

De webdesigner à urbaniste, accompagnatrice de personnes en transition professionnelle et réalisatrice de documentaire.
« L’essentiel pour moi est de pouvoir évoluer en permanence »

1/ En quelques mots, qui es-tu ?

Sur le plan professionnel, je me définis comme une slasheuse. J’exerce plusieurs activités professionnelles assez différentes, et à l’intérieur de chacune, je fais en sorte que les choses évoluent chaque année. Aujourd’hui je suis urbaniste / facilitatrice en intelligence collective / accompagnatrice de salarié.e.s en transition pro  / réalisatrice de documentaire / formatrice.

2/ Et si tu nous parlais un peu de ton parcours…

Je viens d’avoir 40 ans, cela fait 20 ans que je travaille. J’ai commencé à travailler en apprentissage alors que j’étais étudiante en design graphique et multimédia. Vers 26 ans, j’ai ressenti le besoin de me reconvertir pour intégrer plus de fond dans mon activité pro. J’ai alors eu la chance de lire « 80 hommes pour changer le monde » qui a été un déclic très important pour moi. Les auteurs nous embarquent à la découverte de ce qu’on ne voyait presque nulle part début 2006 : des initiatives inspirantes, des solutions constructives qui donnaient envie de s’engager.
Quelques années et dizaines de rencontres plus tard, je me suis formée pour devenir urbaniste et m’impliquer dans le développement durable des territoires.
Depuis 5 ans, je me suis beaucoup engagée face au changement climatique, au sein de collectifs citoyens et dans mon travail, en apprenant à réaliser des Plans Climat Air Energie Territoriaux par exemple. Et depuis 2 ans, je m’intéresse beaucoup au rôle du travail et des entreprises pour activer la transition écologique et sociale. Je me suis lancée dans un projet de film documentaire, et j’anime des ateliers pour accompagner les salariés en transition.

3/ A quel moment as-tu décidé de changer de voie ? Quelle cause t’a fait bouger ?

Le moment charnière pour moi a été en 2006, lors d’un voyage en Indonésie alors que j’étais en pleine réflexion sur ce que je voulais faire. Je voulais voir sur le terrain ce que les récentes installations d’énergie solaire apportaient aux habitants de villages isolés dans cet archipel. Ils avaient aussi beaucoup de défis à relever pour l’accès à l’eau potable. En les écoutant, j’ai perçu l’importance de l’action publique locale pour améliorer les conditions de vie.

A mon retour, j’ai fait des recherches pour comprendre comment je pouvais agir pour le développement durable des territoires, c’est ainsi que j’ai découvert les cours d’urbanisme du CNAM, accessibles le soir pour les personnes qui travaillent la journée. Je me suis rendue compte que c’était possible de faire un master en 2 ans pour se former et changer radicalement de métier. Ce que j’ai fait !

4/ Comment as-tu vécu ces 2 ans de changement ?

Cela a plutôt duré 3 ans dans mon cas. Je travaillais à temps plein à côté, j’étais responsable multimédia et le soir j’allais à mes cours. C’était dur mais tout à fait faisable et même énergisant ! Ça m’apportait tellement d’apprendre ce qui m’intéressait et de retrouver les amis du groupe qui étaient aussi en pleine reconversion, que je n’ai jamais manqué un cours !

5/ Quels ont été tes leviers et/ou tes freins pendant cette période ?

Le 1er levier était d’avoir gardé un emploi stable, pas trop désagréable avec une bonne ambiance de travail. Cela m’a permis de bien vivre les 3 années de reconversion. J’ai préféré prendre mon temps car je n’étais pas à l’agonie dans mon boulot ! C’était important pour moi de garder une stabilité, une sécurité financière pour faire tranquillement la transition.

Un autre levier a été l’énergie du groupe. Je retrouvais le soir une équipe qui vivait la même chose. Nous bossions tous la journée et nous partagions des apéros le soir pour avancer nos projets d’études ou juste pour décompresser ! Grâce à cette super entraide, nous avons tous réussi le Master et la plupart ont switché ensuite.

6/ Et maintenant que fais-tu ?

Aujourd’hui la clé pour moi est de pouvoir évoluer en permanence. Je ne me mets pas de limites sur le nombre de slashs, le nombre de métiers que j’ai envie d’apprendre car je fonctionne comme cela.
Dans ma pratique, j’ai fait évoluer le métier d’urbaniste. J’ai finalement assez peu fait d’études urbaines ou de projets d’aménagement. Ce qui m’intéresse ce sont davantage les stratégies territoriales, remettre de la nature et du lien social dans la ville, etc.
Aujourd’hui j’aide les personnes qui sont plus en première ligne opérationnelle à s’approprier des nouvelles méthodes plus participatives, à apprendre à travailler en intelligence collective, à mieux intégrer ce qui touche à l’agriculture urbaine, à l’urbanisme transitoire, aux lieux vacants, …

J’ai façonné mon métier autour de mes centres d’intérêt et autour de ce que j’ai appris dans le milieu associatif notamment. C’est ça ma ligne directrice : continuer à apprendre et à transmettre ce que j’ai appris dans les différentes activités, sans entrer dans un cadre.

C’est cette même démarche qui m’a amenée à créer les ateliers Ikigai que j’anime chez Hisse & Haut. Il s’agit de domaines que j’ai expérimentés et que j’ai trouvés intéressant de transmettre. Voir que cela pouvait être utile à des personnes dans le cadre de leur reconversion professionnelle m’a donné envie d’y consacrer du temps, car je trouve très important que chacun.e puisse trouver ce qui lui permettra de rayonner positivement !

Ce début d’année, comme l’an dernier, je me suis « offert » du temps, 2-3 mois de congés sans solde pour développer un projet personnel : un film documentaire sur les intrapreneurs sociaux, c’est-à-dire de personnes qui choisissent de faire bouger les lignes en entreprise pour activer la transition. Ce projet m’occupe depuis bientôt 2 ans. La première diffusion est prévue lors du festival On the Green Road à Lyon !

7/ Que dirais-tu à des personnes actuellement en questionnement ?

Prenez le temps de l’introspection avec un carnet et de vous poser les bonnes questions.
Si vous ne savez pas quelles question vous poser, on est là ☺
Le parcours Hisse & Haut et les ateliers Ikigai vous apportent un cadre pour que vous puissiez vous poser ces questions essentielles, et surtout profiter d’une dynamique de groupe. Tout commence par le « pourquoi » : pourquoi voudriez-vous vous lever le matin, si c’était possible / facile ? Si vous saviez par où commencer ?

La différence que j’ai observée entre les personnes qui sont alignées avec leur raison d’être et les autres, c’est que les 1ère ont pris le temps de réfléchir et décider en conscience de passer le plus de temps possible sur ce qui est important pour elles. Cela implique parfois des choix difficiles, des périodes de transition à assumer, mais vraiment, ça vaut le coup !

Retrouvez le cycle de 3 ateliers Ikigai animé par Nathalie sur notre site.
Prochaines dates les 19 mai – 4 juin et 17 juin !

Pour en savoir plus sur son parcours, c’est ici !

2020-03-20T21:45:29+00:00