Siméon Baldit de Barral,
D’ingénieur TP à voyageur éco-engagé !

« Alors, à quoi ça sert de vivre
si ce n’est pour tenter l’aventure ? »

1/ En quelques mots, qui es-tu ?

Co-président de l’association On the Green Road, je mets toute mon énergie à favoriser l’émergence d’une communauté citoyenne médiatiquement engagée, convaincu que la création d’imaginaires collectifs positifs est un premier pas vers la transformation sociétale. Nouvelles frontières de la pensée, ils permettent une mise en action de chacun. J’y participe aussi plus personnellement par la réalisation de documentaires, et, il y a peu, par l’écriture d’un livre fruits d’apprentissages de grand chemin: Les Facéties du Stop.

2/ Et si tu nous parlais un peu de ton parcours…

Suivant un cursus d’ingénieur dans la construction, rien ne me destinait à me lancer dans la réalisation.
Sauf mon goût pour l’autostop peut-être.
Je le pratiquais à toute occasion, en Europe ou en Amérique Latine, pour découvrir du pays avec mes faibles moyens certes, mais surtout par goût de ces rencontres qui ne se font jamais tout à fait par hasard. L’une d’elle m’inspira de partir faire un tour du monde pour couronner mes études. Pour changer, je le ferais à vélo, en duo avec mon cousin, et caméra en main, afin d’enquêter sur les sujets environnementaux, vus depuis les pays dits « émergents »… Partant pour un an, je ne pensais pourtant pas que ceci m’écarterait pour un moment du monde des sciences et de l’ingénierie, pour me lancer dans une aventure artistique et médiatique…

3/ A quel moment as-tu décidé de changer de voie et te lancer ?

Goûtant intensément aux joies du nomadisme, au fil des rencontres et des paysages grandioses, je me faisais photographe, dessinateur, écrivain puis réalisateur.
Au retour, s’est fait impérieux un besoin de partager ces témoignages, de raconter mes propres retournements, de montrer un autre monde possible. Après 2 ans de travail focalisé, le documentaire On the Green Road voyait le jour.
Diffusé plus de 300 fois, il sensibilise aux sujets environnementaux sous un angle de journalisme de solution.
Me rendant à chaque projection, j’aime dans la convivialité nourrir le débat et montrer que de telles expériences sont possibles. Chacune de ces discussions est d’ailleurs pour moi un nouveau déclic, et me permet de me questionner sur de nouveaux aspects de ma vie.
Dans cette quête, mon objectif est de sans cesse garder le plus proche alignement entre mes comportements et mes pensées, que ce soit dans la vie pro ou la vie perso. L’exercice est compliqué, il se fait peu à peu, par étapes…
Comme si je polissais peu à peu une pierre pour en faire émerger le diamant.

4/ Et maintenant ?

Je crois qu’en avançant, j’essaie de plus en plus de m’ôter les pelures inutiles, comme si j’épluchais un oignon, pour m’approcher de ce que j’ai d’essentiel.
Ainsi, j’ai découvert peu à peu que ce qui m’animait, plus encore que l’écologie, était la valorisation de chacun dans la société.
Pour cela, chacun doit avoir un espace d’expression, et la possibilité de développer un imaginaire riche et propre. De même pour chaque communauté.
De cela est naturellement né l’idée d’accompagner les citoyens, voyageurs au long cours ou explorateurs de leur quartier, dans la maîtrise des outils médiatiques, afin de faciliter leur expression, sincère et esthétique. Je développe aussi mes propres contenus, et prend un grand plaisir à partager, et à aider à la création d’un solide maillage de partages de connaissances et d’entraide. Je sens que depuis le bas, ceci participe à l’émergence de quelque chose de grand, sans que je ne vois tout à fait quoi.
Car au fond, ça me dépasse totalement, je me sens juste bien guidé avec quelques bons signaux et aiguillé par mes ressentis, alors j’y vais, sentant que là est mon chemin !

5/ Que dirais-tu à des personnes en questionnement par rapport à leur travail  ?

Je leur conseillerai d’y aller, de faire le premier pas, de tenter ce lâcher-prise, ce saut dans le vide !
C’est là que commence réellement la vie. Et ce n’est pas un chemin de simplicité.
Il confronte, emmène à aller voir les parties plus sombres de notre personnalité, nous poussant à nos propres limites.
Mais il nous permet aussi de nous approcher de l’essentiel, et d’avoir vraiment l’impression de nous réaliser.
Alors, à quoi ça sert de vivre si ce n’est pour tenter l’aventure ?
Il faut tenter de vivre ses rêves, et, au pire, on meurt ! Mais tenter n’est pas partir dans tous les sens, assouvir avidement tous ses désirs, sans chercher dans toute notre action la cohérence. Car notre quête a une dimension plus large…
Là se joue un subtil équilibre, cette tentative « d’être sérieux sans se prendre au sérieux ».
C’est un exercice assez palpitant somme toute !

Pour en savoir plus : https://onthegreenroad.com

2020-03-20T17:44:20+00:00